
L’impuissance apprise, on en parle, on en entend parler, mais finalement qu’est ce que c’est ?
C’est Seligman Martin et Steve Maier (1975 puis 1976) qui les premiers ont formalisé l’impuissance apprise et en ont évalué les conséquences directes pour l’individu.

Voici une synthèse de l’expérience mise en oeuvre :
- Deux groupes de chiens sont constitués
- Les chiens du groupe 1 sont harnachés avec un harnais qui envoie des chocs électriques (oui, à l’époque, on était peu regardant sur les questions du bien-être animal)
- Les chiens du groupe 2 sont harnachés avec un harnais qui est relié à celui du groupe 1, de sorte que lorsque un chien du groupe 1 reçoit un choc électrique, celui du groupe 2 auquel il est relié aussi.
Etape 1
- on place les chiens dans une pièce et on commence à leurs envoyer des décharges électriques sans raison, sans interaction, les chien sont seuls dans la pièce, un levier est placé en évidence auquel seuls les chiens du groupe 1 ont accès : ce levier permet de stopper les décharges.
- Au départ, par le fruit du hasard, les chiens du groupe 1 vont appuyer dessus et constater le lien de cause à effet : j’appuie sur le bouton = la douleur cesse. Tous les chiens du groupe 1 vont très vite apprendre à se précipiter sur le bouton dès leur arrivée dans la pièce pour faire cesser la douleur.
- les chiens du groupe 2 en revanche n’ont aucune possibilité d’agir sur la douleur reçue. Le seul moyen pour eux de ne plus subir le choc est d’attendre qu’un chien du groupe 1 actionne le levier. Quelle que soit leurs actions, rien n’arrête la douleur.
Etape 2
Les chiens des deux groupes vont alors être confrontés à une nouvelle situation : on les place dans une pièce composée de deux parties : une partie dont le sol est électrifié et qui envoie en continu des décharges électriques et une autre partie « saine » dont le sol n’est pas électrifié. Les deux parties sont séparées par un tout petit muret haut de quelques centimètres à peine de sorte que tous les chiens peuvent sans effort passer d’un côté à l’autre.
Voici ce que Seligman et Maier ont constaté :
- TOUS les chiens du groupe 1 une fois placés dans la pièce au sol électrifié ont été capables d’agir pour tenter d’échapper à la douleur et donc de se rendre compte qu’une partie de la pièce offrait un refuge.
- La majorité des chiens du groupe 2 n’a pas essayé de bouger et d’échapper au sol électrifié. Les chiens sont restés protrés subissant les chocs électriques en gémissant, sans bouger.
Conclusion de l’étude
A force de constater qu’une action ne modifie pas une situation, l’individu cesse d’essayer car il a appris que cela ne sert à rien. Placé dans une nouvelle situation désagréable voire douloureuse, l’individu ne tentera pas de modifier la situation, il s’est résigné. C’est ce que l’on appelle l’impuissance apprise.
Voilà pourquoi je me méfie toujours des chiens trop sages ou trop calmes lorsque j’interviens en bilan. Dans certaines situations, avoir un chien qui bouge, gesticule, court dans tous les sens, s’agite… bref fait sa vie de chien, cela peut être un comportement normal et attendu.
Mon leitmotiv : faire la différence entre calme et prostration / entre obéissance et peur / entre motivation et excitation.
Donnons la possibilité à nos chiens de choisir, d’agir sur leur quotidien, de constater que leurs décisions, leurs choix ont une conséquence directe sur leur vie. Cela les rend plus confiants, plus motivés, plus actifs et plus sereins.